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  • Lundi 1er Juillet 7h45 : départ des coureurs depuis la maison natale de Léonard de Vinci
  • Lundi 1er Juillet vers 11h00 : arrivée des coureurs à Calcinaïa
  • Lundi 1er Juillet vers 12h00 : départ des coureurs de Calcinaïa

À partir de lundi soir jusqu'à vendredi soir, retrouvez "La Gazette de la Course", un Live tous les soirs et tous les matins de quelques minutes qui résumera la journée (ou la nuit) vous permettant de découvrir nos sportifs, leur anecdote et surtout de ne rien rater de l'aventure !!!

 

Suivez notre progression en direct avec notre balise GPS

 

http://bit.ly/Amilly19

 

Suivez la course de l'intérieur avec la chronique de Jean-Christophe Branger

Vendredi 28 juin 2019 : On part demain

Épisode 2

2019 : version italienne. Après l'épisode de Nordwalde, en Allemagne en 2017, nous allons partir d'une deuxième ville jumelle d'Amilly : Calcinaia. Notre relais rentre dans le programme des ''500 ans RenaissanceS'' établi pour le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci célébrée dans toute la région Centre - Val de Loire. L'organisation du voyage en Toscane se termine. Les CC, entendez Camping-Car, sont sur la ligne de départ, floqués du logo de l'association. Une certaine excitation communicative règne dans les parages. Le départ est prévu à 8h00 samedi 29 juin, au niveau de la Maison des Jeunes. Il est prévu entre 10h et 12h de route. Il est a noté, dans cet article, car il est bon de laisser des archives de cet ordre, que nous sommes sous canicule depuis 4 jours avec des pointes entre 36 et 38 degrés et que nous allons subir ces grosses chaleurs au moins jusqu'à lundi et très certainement pendant les relais. L'équipe se compose de 21 participants, dont deux amis allemands de la première campagne de 2017. 8 coureurs à pied, 4 cyclistes, et 9 accompagnateurs chargés de l'intendance. Cette nouvelle troupe accueille 9 nouveaux. Nous avons 1075 km à parcourir en relais, jours et nuits. 1 heure d'arrêt est consacrée au petit déjeuner et au dîner pour permettre à tous d'être réunis. Nous serons de retour le samedi 6 juillet à 12h30 à l'inauguration de la Fête de l'Europe. Auparavant vous êtes cordialement invités à participer à la dernière étape de ce périple qui partira de Montcresson à 10h30 au bord du canal. Vélo, patins à roulettes, rollers, patinette, chaussures de sport pout est permis pour nous rejoindre et former un peloton le plus gros possible. Vous pourrez aussi nous prendre en chemin au niveau de l'écluse de Conflans / Loing à 11h15 ou encore plus près de l'arrivée sur le parking du Centre d'art contemporain Les Tanneries à 12h00 pour le dernier kilomètre. Venez Fêter notre arrivée et la Fête de l'Europe.

   

Samedi 29 juin 13h : Repas 100% italien

Partis de bon matin vers les 8h et sous les meilleurs auspices, nous filons sur l'autoroute direction plein sud. Un train de chenilles processionnaires blanches fait la curiosité des plus rapides qui nous doublent. Arrêts toutes les deux heures, donc déjeuner sur l'herbe à 13h. Denis Chéron, un petit nouveau pour cette nouvelle édition, est venu avec ses spécialités italiennes. Précisons qu'il est importateur de produits italiens. Génial comme entame ! Tout est succulent. Tous apprécient. Merci Denis. Un petit baptême a eu lieu au dessert : deux hôtes ont été intronisés dans la confrérie du baba au rhum... Nous reprenons la route... quand un appel nous signifie qu'un des CC accompagnateur, celui de Luc et Cathy, a ''pété'' une durite. Arrêt total pour le train, tout le monde descend... Attendons le dépannage pour récupérer des participants et du matériel. 14h54. Tout le monde est à l'ombre car ''ça cogne''.

15h52 : nous voilà repartis. Avons récupéré personnel et matériel. Luc et Cathy sont partis à Annemasse pour réparation, rien de très grave. À quand ?????

Samedi 29 juin : 23h15 c’est beau, mais c’est loin

Bien arrivés mais que se fut long. Reçus par M. le maire, nouvellement élu, et ses adjoints. Nous prenons possession du gymnase et du terrain de foot pour installer nos couchages. Nous sommes cordialement invités à nous restaurer à la Fête de la ville qui a lieu ce jour même. Pâtes à la Bolognaise, ouais ! Fruits frais et glace à l’italienne. Parfait.

Retour au campement et puis dodo. Mais que se fut long et chaud, et dire que l’on refait tout le retour à pied et à vélo. Bon ! On est venu ici un peu pour ça.

 

Dimanche 30 juin : 7h30 envolée…

On ouvre les yeux au son des cloches de l'église du coin, belle envolée, et sous de beaux rayons de soleil. Ça s’annonce chaud. La chaleur nous pousse à nous organiser pour ménager les organismes, déjà.

12h00. Principale activité du jour, longer les murs… pour trouver de l’ombre. 36° au thermomètre. C’est la course à la canette. Nous faisons une visite à Pontedera, village voisin où fut créé le Vespa. Au cœur du village, une statue buste de Léonard trône sur la place. Nous envahissons un restaurant très sympathique, l’accueil est chaleureux malgré le chahut. Ils se souviendront de nous c’est sûr. La chaleur est vraiment préoccupante... Nous avons la vivacité du koala. Nous profitons du gymnase qui est à peu près supportable en terme de chaleur pour peaufiner le départ. Tests de caméra pour le live quotidien, GPS, road book etc. Nous venons de retrouver Luc et sa femme. Il a pris sa moto qu'il avait emportée dans sa remorque. 

17h00 : fin d'après-midi libre avant le premier briefing de Bertrand à 19h30. Une moitié des participants a un penchant pour Pise, l'autre moitié pour vaquer à ses occupations.

19h30 : Briefing. Sur les conseils très avisés de notre docteur Hervé, l'étape de demain après-midi est modifiée dans son déroulement mais faite entièrement comme prévue. La chaleur est trop élévée pour la pratique du sport intensif. Pas plus de 30 minutes d'effort à plus de 35°. Chaque coureur ne pourra pas excéder 5 km. Il pourra reprendre un deuxième relai de 5 km mais plus tard, après un temps de récupération, et les coureurs feront seulement deux relais dans l'après-midi. Il en est de même pour les cyclistes, leur parcours est aménagé. Tous approuvent ces décisions. La sécurité des sportifs avant tout, et en respectant le principe de la course : la distance sera entièrement parcourue.

Un sacrement a eu lieu. Dans le groupe nous avons Rémi. Un phénomène, un héros, un homme qui court qui court qui court et qui a reçu sa couronne : la casquette "Je m'appelle Forest Gump''. De nombreux applaudissements ont flatté Rémi... Il s'appelle Rémi Duboq.

23h00 : Invitation de M. le maire de Calcinaia

Le maire de Calcinaia nous a aimablement invités ce soir pour le dîner. Il est accompagné de deux conseillers. L'ambiance est très bonne. On sent que tout le monde a hâte d'être à demain devant la maison natale de Léonard de Vinci...à Vinci. Départ officiel prévu à 8h, réveil à 5h00.

Lundi 1er juillet : Départ de Vinci. Prologue.

J’ai assisté au réveil (5h00) d’un grand jour, tout le monde prêt à l’heure H avec l’ambition de bien faire ça se sent. Nous rallions Vinci et la maison natale de Léonard, distante de 35 km. Sur place nous installons pour le protocole. Chacun est dans sa tenue. Chaussures bien lacées, maillot étrenné, dans une ambiance de fête. Nous rejoignent Jean-Charles Lavier, adjoint aux Sports de la Ville d’Amilly, Jalila Gaboret, élue à la Région Centre-Val de Loire, Madame la maire de Vinci et Béatrice l’interprète. Quelques discours  et beaucoup de chaleur humaine sont échangés. Un cri de ralliement et la banderole se déchire à 8h14, pour libérer les fauves, les fêlés diront certains, tout simplement des hommes et femmes courageux qui veulent porter haut les couleurs d’Amilly au milieu de l’Europe. Tous participent aux premiers kilomètres, puis s’organise le premier bloc de coureurs.

9h15, le premier relais composé de Céline, Patrick, Nicolas Mercier et Jo passe le buste-relais de Léonard à Loïc, Jean-Baptiste et Sylvain, nouveau dans l’épopée. Sylvain est pressé de partir mais est vite calmé par JB l’expérimenté de la campagne de Nordwalde. Tout ça avec le sourire et de l’amitié plein les yeux. C’est parti et bien parti.

11h15 : Arrivée à Calcinaia.

Tapis rouge pour l’arrivée à Calcinaia, beaucoup, beaucoup d’émotions pour nos coureurs. Des jeunes athlètes se sont joints aux Amillois. Une surprise en a saisi plusieurs : les enfants de Calcinaia ont fait une haie d’honneur aux sportifs. Frissons à 35° ???

Les officiels sont là : M. Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, la première vice-présidente de Toscane, la députée et ancienne maire de Calcinaia, M. le maire de Calcinaia. Je n’ai pas leur noms, désolé, et la course est repartie, car il est 12h30 et on ne transige pas avec les horaires. Bon il faut parler de l’élément majeur de la journée : la chaleur, omniprésente. Nous savons que par chez nous, dans le Gâtinais, la température a baissé. Cela nous donne de l’espérance pour après les Alpes.

Pour rejoindre Calcinaia, nos coureurs ont beaucoup fréquenté le bitume. D’abord au milieu des oliviers et descendant les petites collines de Vinci, puis dans la vallée au milieu des agglomérations. Le tracé ne pouvait faire autrement que d’emprunter les routes pour finir et là c’est l’enfer. Nous nous dirigeons vers la mer pour la longer sans jamais plonger dedans . Ouah le supplice !

Je vous rappelle que vous pouvez nous suivre en direct avec la balise GPS, le lien est en début de page.

 

15h15 : Incontournable km55

Impossible de passer à coté, c’est immanquable. Parmi la foule nombreuse deux bigarrés se frayent un passage au pied de la tour de Pise. Emportés par la fougue…ont-ils pris le temps d’admirer ? Au passage de relais c’est l’abreuvoir. Les deux pacs d’eau montés ce matin dans chaque CC (camping-car) ont rudement diminué. On s’approche de la mer, en attendant c’est encore beaucoup de bitume.

17h50 : Viareggio km80 : Pensées

Nous avons des pensées pour nos conjoints et nos collègues.

Les montagnes que l'on aperçoit au fond, les Alpes juliennes, nous prodiguerons peut-être ce que nous cherchons depuis trois jours, de la fraîcheur. De plus, nous y serons cette nuit. Première nuit en relais. C'est toujours quelque chose d'extraordinaire, les anciens de Nordwalde se souviennent, quand la route leur appartient, quand tout s'endort. En attendant, nous longeons la mer sur 30 km sur une piste cyclable. L'inconvénient c'est la route très circulante qui la borde et aussi c'est pratiquement tout droit.

23h00 : départ de nuit km115

On s'élance pour la nuit. Nuit noire, contrairement à Nordwalde où la pleine lune nous avait suivis tout le long. Là on attaque fort. Ce sont de suite des cols de 10 km. La première équipe part pour 40 km. Les autres équipes partent à leur premier point de relais pour essayer de dormir un peu. Pendant ce temps-là, l'équipe direction de course va reconnaître un escalier. Il est 2h00 du matin. J'ai dormi 1h. Un escalier ? direz-vous. Oui, Bertrand a trouvé des parcours très spécifiques ! On pourrait garder la route principale mais il a déniché de superbes sentiers pour satisfaire les coureurs. Cet escalier de pierre fait 500 m de long à 10 %. Nous sommes en reconnaissance pour savoir si l'équipe gardera ses vélos ou pas. Je vous rappelle que la nuit, un vélo accompagne le coureur avec le GPS et un éclairage puissant. Le coureur lui même est éclairé. Verdict : le vélo remonte sur le camping-car. Cette première nuit en altitude nous a apporté la fraicheur escomptée.

 

Mardi 2 juillet : 5h10 : Le jour arrive...déjà. km185

Bonjour à tous. L'épopée de Nordwalde s'est déroulée en octobre et les nuits étaient plus longues. Juillet nous raccourcit les nuits. Nous retombons au niveau de la mer dans un petit village sur la route principale. Là encore, l'équipe direction de course part pour une reconnaissance de terrain. Bertrand a trouvé un chemin escarpé, très escarpé même, qui domine la mer. C'est aussi la dernière fois que nous la côtoyons. Il part avec Eddy et Philippe pour les positionner dans des endroits stratégiques pour les prises de vues. Alors que nous étions au calme dans cette belle nuit noire, voici que le retour au bord de mer nous replonge dans la civilisation, bruits, trafic etc. Dommage.

9h00 Départ cyclistes

Nous venons de prendre le petit déjeuner tous ensemble. C'est le but des arrêts déjeuner et dîners : se regrouper après tous les sauts de cabris que nous faisons pour déposer et reprendre les relayeurs. Nous nous racontons nos petites histoires de la nuit. Ce repas a encore été très frugal. Merci Élisa. Aujourd'hui c'est le jour des cyclistes. Les vélos auront deux cycles, paroles de Bertrand. Un ce matin avec un très joli parcours montagneux. Un deuxième en fin de soirée. Aujourd'hui ça monte, en degrés, en chaleur, en kilomètres car, grâce aux vélocipédistes, nous aurons fait un bon de 177 km à l'arrivée de 20h. L'ambiance est bonne. Les corps commencent à geindre quelque peu.

 

11h00 : Grand moment...km247

Les suiveurs viennent de prendre leur pied mais sûrement pas autant que Bernard et Nicolas. Nous venons de couvrir la première étape de vélo et il est vrai que ce fut superbe. Ils ont progressé dans un paysage de toute beauté et l'itinéraire que leur a concocté Bertrand était génial. Après un échauffement de quelques kilomètres, le plat de résistance se présente, un col de 8 km avec des portions à 13 %. Avec les cyclistes, il faut s'habituer à parler pourcentage, ça parle à tous les spécialistes. On voyait bien que les deux loustics s'éclataient comme des fous même dans les portions les plus dures. Le paysage leur a permis de progresser à l'ombre pour la majorité du parcours. À la bascule du col, ils ont filé jusqu'à nous perdre. Dans les portions plus planes ils jouaient du braquet pour maintenir une belle allure et rester sur ces sensations de coureurs cyclistes appartenant à une course officielle sécurisée par la moto et le véhicule direction de course. Le parcours emprunté est resté pratiquement vierge de circulation, quel bonheur, car situé loin des grands axes. Au passage de relais tous se sont congratulés et remerciés mutuellement tant les émotions étaient fortes et belles. Difficiles à décrire mais sur place ce fut vraiment un beau moment. On ne peut pas prendre de photos pour le moment pour le deuxième groupe cycliste, nous en sommes franchement désolés, cela devrait être réparé ce soir sur le second cycle de la journée.

19h00 : Tout roule...km383

Après la Toscane, après la Ligurie, voici le Piémont et les Alpes qui se profilent au fond. Malgré une chaleur étouffante et élevée, les relais sont maintenus. Chacun s'arrange pour faire son morceau. C'est vraiment pas évident, croyez-moi. À chaque départ, le relayeur affiche un sourire d'envie, de plaisir à être un maillon de cette chaîne. Et il affiche le même sourire à l'arrivée. Nous passons dans une région moins harassante. Une région qui ressemble au Gâtinais Est. Le temps s'est couvert et la moiteur est insupportable. La récupération est de mise, on s'agite moins dans les moments de temps libre. 

Céline, la seule femme dans le groupe ne peut plus courir, étirement d'un tendon au pied. Elle insiste pour faire les portions vélo, elle ressent moins la douleur.

Nous avons notre première ampoule... au pied... du motard, Luc !

Mercredi 3 juillet : 3h00 : Turin km407

Nous traversons Turin. Rien d’extraordinaire sur notre parcours. Nous sommes plutôt dans les faubourgs. A cette heure, c’est calme. Les voies sont très larges et la circulation très fluide et quasi inexistante dans certaines rues. Les coureurs sentent une certaine pollution et s'en plaignent. Il doit y avoir longtemps qu’ils pratiquent ici le zéro phyto car des herbes d’un mètre colonisent tous les trottoirs. Pas de belles pelouses ni de massifs de fleurs. Le point d’orgue pour cette traversée : le passage devant l’usine emblématique Fiat. La nuit est calme.

7h00 : Sousa : Surprises… 

Réveil dépaysant. Cette nuit, nous nous sommes installés dans un petit village un peu au hasard. Nous savions que nous nous rapprochions des Alpes et, au réveil, nous avons la surprise de découvrir des sommets enneigés. Autre surprise de taille, la température. Un vent léger mais froid nous oblige à endosser des vestes et reprendre nos pantalons pour la première fois depuis notre départ d’Amilly. Après quelques heures de récupération en trouvant un sommeil profond mais court, nous accueillons des amis italiens, surprise attendue, qui désiraient, sur une demande de Patrick, courir avec l’association. Ce sont des salariés de l'usine Hutchinson implantée dans les environs et par des liens professionnels, Patrick a réussi à réunir ses collègues transalpins. Il en a fait de même avec quelques cyclistes.

8h30 : Sousa : km450

Nous allons cueillir l’Édelweiss…

Point culminent du Rallye

Petite fébrilité chez les cyclistes.

Aujourd’hui est un grand jour. Un peloton de cyclistes français et italiens affronte les pentes du Col du Mont Cenis. 2068m. C’est parti pour 30km à 5-6% de moyenne, donc un dénivelé de 1500m.

Léonard de Vinci l’avait emprunté en octobre 1516 pour rejoindre Amboise. Il l’avait fait en 47 étapes. Voilà pourquoi nous passons par ce col. Parmi les cyclistes italiens, il y en a qui viennent de faire l’étape pédestre.

Chers lecteurs, vous vous impatientez peut-être de nous lire... La raison ? Je me suis immiscé dans le peloton cycliste, ça me démangeait trop. Laissez-moi le temps d’arriver là-haut… et ça n'a pas été du 100% amusement. D’emblée ça vous réveille. 3km à 10% (ceux là je ne les ai pas faits), puis le pourcentage diminue (moment où j’emprunte le vélo de Franck.)

Bon, il va falloir appuyer. L’avantage : il fait frais et il y a de l’ombre. Nous faisons le maximum pour rester groupés. Tous n’ont pas la même forme, donc ça se disloque. Je vous rappelle  que nous ne sommes pas des champions du monde. Patrick a formé un groupe de potes, chacun à son niveau. Une poussette par-ci par-là, les encouragements des coureurs. Nous sommes en train de nous tricoter des souvenirs qui devraient nourrir de futures conversations. Et il se forme des liens solides. Il y a beaucoup d’amitié qui ressurgit, certainement proportionnelle à l'effort à fournir. Un stop pour se regrouper est effectif au niveau de l’entrée en France. Récupération nécessaire. Il reste 14 bornes… On nous explique qu’il faut passer au bord du barrage, là-haut, où une dizaine de lacets se resserrent comme pour soutenir l’ouvrage. Ah ouais il y a encore du pourcentage. Ça passe. Puis quelques faux-plats descendants et nous atteignons le col, 2068m à 11h30. Km493

À chacun son Everest. Tous méritent le bouquet du vainqueur et d'Édelweiss si possible. Bravo à tous et surtout à Sylvain qui n’a rien lâché.

13h30 : Ce sont les coureurs qui font la descente. Superbe. Bertrand leur a trouvé un trail du tonnerre. Les coureurs qui font déjà du trail ont apprécié, les autres se sont bien adaptés. Gros, très gros dénivelé.

L'aventure continue.

16h00 : On nous a volé notre point médian.

Savoie. Modane Km519

Les vestes et les pantalons sont vites tombés. Notre déboulé dans la vallée de la Maurienne est étouffant. Rebelote pour la chaleur en moins fort et, chose non négligeable, vent de face. À Modane, passage de relais entre coureurs et cyclistes et pour ceux qui ne font rien sur le parcours : piscine. Bon ! une petite douche hein !

On rattrape les vélos et puis, barrés, pour cause ? Tirs de mine sur notre parcours. On vient de nous voler notre point médian : km540. Réorganisation pour les sportifs, puis, nous, le VLDC (Véhicule Léger Direction de Course) filons à Chambéry km628. Coucou on se rapproche.

Les organismes sont marqués. C’est bien plus dur que Nordwalde. Là-bas, c’était le plat pays. Cette nuit, nous allons traverser le Bugey. Aïe ! ce n’est encore pas le pays de Jacques Brel.

23h00 :

Savoie : Chambéry km627

Les cyclistes ont assuré. Après plusieurs imprévus, routes barrées à deux reprises, Nicolas et Denis sont arrivés dans les temps. Ils mettent un point d’honneur à respecter les horaires. Le dîner commun est ponctué d’un pot anniversaire. Briefing élogieux pour tous les participants. Ils sont remerciés par Bertrand pour le spectacle.  Il est vrai que la journée fut belle. Tous les paramètres étaient réunis.

La nuit s’annonce bien, le programme est copieux. Nous longeons le lac du Bourget tout scintillant. Virage à gauche et s’amorce l’ascension du col du Mont du Chat. Moment sublime pour nous qui suivons. Nous sommes seuls au monde, en pleine forêt et un silence profond. Pas de voitures, à cette heure-là. Des kilomètres sans apercevoir âmes qui vivent. Nuit noire, on attend. Personne ne parle. Deux lumières blanches qui apparaissent, dansent et se rapprochent. Ça grimpe à 10 %. On entend le souffle des deux compères dans un rythme élevé. David, à vélo, essaye de suivre la cadence de Rémi. Ils passent sous nos encouragements. Deux lumières rouges dansent, s’éloignent puis disparaissent pour s’engager dans la descente. Rémi a franchi les 5 km du col du Mont du Chat à 400 m de dénivelé en une quarantaine de minutes. Nous partons pour le point suivant, tout aussi spectaculaire, pour le passage de Frédéric au Château des Allymes, 6 km d’ascension pour 375 m de dénivelé. Ce sont les montagnes russes dans l'Ain. Direction Longeville km716, camp de base pour la journée de repos où Bertrand retrouve ses parents.

 

Jeudi 4 juillet : Longeville : Journée de repos

La matinée s’organise autour du rangement et des lessives. Les véhicules sont vidés. Bizarrement on retrouve des choses recherchées et considérées comme perdues. L’ambiance est ralentie, nous savons que nous avons le temps. Le site de Longeville incite au farniente, lac d’eau claire, ombre à profusion, c’est l’idéal car le thermomètre est encore élevé. Franck sort sa guitare et avec Céline pousse la chansonnette. Un karaoké commence et c’est la franche rigolade. Nous découvrons des compositeurs et des interprètes intéressants. L’après-midi c’est musculation du haut du corps, nous pagayons sur les eaux claires de l’Ain. Ambiance camps de vacances pour la soirée. Demain le premier départ est à 8h00. Les cyclistes débutent, dans la journée nous ferons 230 km, il nous restera 136km. Nous quitterons le Bugey pour la Bresse, le Mâconnais et le Charolais.

Un petit rappel. Venez nombreux nous rejoindre pour parcourir la dernière étape. C'est ouvert à tous. Les vélo, les rollers, les baskets sont autorisés. Il restera 9km à parcourir à toute petite vitesse. Un départ est organisé à Montcresson à 10h45 au bord du canal. Un autre est prévu à l'écluse de Conflans/Loing à 11h30, pour 4km. Un dernier est situé au Centre d'Art Contemporain Les tanneries à 12h00, pour le dernier km. Parlez-en autour de vous pour que nous formions un peloton le plus gros possible.

Vendredi 5 juillet : Ça sent l'écurie km 716

C’est reparti. Nous quittons la région sous une belle lumière et laissons derrière nous les monts bressans. 23° affichés. Depuis hier soir, ça sent l’arrivée à Amilly. On parle beaucoup de l’organisation de samedi matin en détail. Un nom revient souvent, celui de Montcresson. À partir de ce village connu de tous, on imagine ou plutôt nous aimerions que ce soit la Fête. Que pédalées et foulées se mélangent avec tous ceux qui nous attendent. Amitié et échange, c’est l’ADN qui va nous aider à supporter la fatigue pour couvrir la distance qui nous sépare d’Amilly. Apparemment cela se vérifie. Nous suivons nos premiers cyclistes à l’œuvre, Sylvain et Nicolas, et visiblement ils ont la socquette légère. Le circuit est bien adapté aux cyclistes, il est très agréable et de plus nous ne rencontrons que très peu de circulation. 

36 km/h de moyenne au premier relais. Quand je vous le disais. 9h52 nous franchissons la Saône à Mâcon. Km776. Denis et Bernard voient se dresser les monts du Mâconnais. Les montées sont dures et les descentes techniques, mais jubilatoires, ils s’éclatent comme des furieux. En résumé : échappées belles.

Dans le Charolais, Loïc et Patrick s’en payent une bonne tranche, relais de 10,5 km en 55 minutes, quand on connait le relief. Ils continuent dans la cadence.

Incroyables, ils sont incroyables, c’est au tour de Rémi et David. Ils franchissent des pourcentages eux aussi incroyables et à une allure ! Saint-Huruge en direction de Montceau-les-Mines - Km824

Km854 Toulon-sur-Arroux, ça sonne morvandiaux. Toujours est-il que l’on en approche. Les vélos reprennent la course. Nous allons refaire un bon conséquent. Mais que ça va vite. Je ne sais pas si j'arrive à vous transcrire toutes les belles sensations sportives que l'on a, mais c'est fabuleux.

Km854 Toulon/Arroux ça sonne morvandiaux toujours est-il que l’on en approche. Les vélos reprennent la course. Nous allons refaire un bon conséquent. Bocage, pâtures, chênes, petits monts, parcelles d’épicéas, cols (mais petits) nous sommes bien le dans le Morvan, dans le sud-ouest de Morvan vers Corbigny. Ça cloque au niveau du goudron, les bulles explosent sous les pneus et les baskets, 35° décidément nous aurons beaucoup parlé de la chaleur, parce que omniprésente sur tout le parcours. Même les bœufs charolais ne quittent pas l’ombre de leurs arbres. La nature peine, nos gars aussi. S’en est fini pour les cyclistes.

Des massages sont prodigués au moment du dîner.

La dernière ligne droite pour atteindre Montcresson, est pour les coureurs avec des runs plus longs qu’à l’accoutumée, 13 à 15km. Étang de Baye. Km934

Il reste 139 km. À tout à l'heure.

Samedi 6 juillet : Montcresson , puis Amilly 

La soirée dîner est écourtée car le premier départ de coureurs est plus tôt que d'habitude. Belle nuit pour les athlètes tout se passe comme prévu. Aidé par la fraîcheur de la nuit, et oui nous avons frôlé un orage et bénéficié de quelques gouttes, David s'est offert un marathon pour fêter l'arrivée et ses 50 ans. À Montcresson les Camping-cars arrivent l'un après l'autre. Certains dorment dans une salle gentiment prêtée par la municipalité. C'est à Montcresson que nous avons invité nos familles et sponsors pour les retrouvailles. Ce sont Patrick, Loïc, Rémi et David qui déclenchent les larmes. Beaucoup d'émotion partagée, tous les athlètes s'embrassent. Après quelques discours des officiels, nous reprennons l'ultime relais en compagnie d'une centaine d'amis venus nous rejoindre. Belle procession sur le chemin de halage. L' arrivée officielle sur la ligne, sur la place de l'Église où se déroule la fête de l'Europe, est au summum de l'émotion. Nous somme accueillis par les Lanceurs de Drapeaux Toscans. Voilà, pari tenu. Bertrand a emmené sa troupe sans aucun incident à déplorer. Il faut dire qu'il n'a rien laissé au hasard. Merci pour tout. 

Le chef d'orchestre a écrit une belle partition, les musiciens ont bien joué. Superbe représentation.