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Le projet urbain d'Amilly en discussion à la Cité de l'architecture

Ces deux dernières décennies, le paysage urbain d’Amilly s’est transformé sous l’impulsion de l’équipe municipale, aidée d’un collectif d’artistes, d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes emmené par Vincent Barré, à la fois architecte et sculpteur. 

Une ville de 13 000 habitants, située en périphérie d’un chef-lieu d’arrondissement, qui se construit une identité autour de l’art ? La démarche a intéressé la Cité de l’architecture de Paris au point d’y consacrer une table-ronde, lundi 11 mars, dans le cadre du cycle de conférence, colloque et débat « La forme de la ville ». Elle a réuni pour en discuter devant une soixantaine de personnes – dont une vingtaine d’étudiants en architecture - François Barré, expert consultant sur l’architecture et l’urbanisme, ainsi que les personnes intervenues dans cette métamorphose : Sylvain Dubuisson, architecte de la médiathèque et de la ferme du Bourg, Bruno Gaudin, architecte du Centre d’art contemporain Les Tanneries, Vincent Barré, et le maire d’Amilly Gérard Dupaty. 

Marie-Christine Labourdette, présidente de la Cité de l’architecture, a souligné d’emblée que « cette manière de vivre la ville et l’envie de la rêver » a donné « une âme à un bourg qui n’en avait pas, ou n’en avait plus ». « J’ai vu très peu d’exemples qui peuvent être comparés à Amilly », a indiqué à son tour François Barré. 

Une longue construction

« L’ambition politique démesurée dans le sens où tout le monde dit ‘’c’est déraisonnable’’ » a été, selon Bruno Gaudin, « un moteur très fort ». Le restaurateur des Tanneries a trouvé « singulière l’idée qu’on puisse échanger entre acteurs qui ont chacun un rôle à jouer » et  « qu’un architecte, un artiste et un maire aient chacun leur mot à dire » dans les projets. 

Construit sur un temps long, ce programme urbain s’est réalisé progressivement, comme l’ont précisé ses instigateurs, Gérard Dupaty et Vincent Barré. L’enjeu n’était pas d’imposer au public, mais de proposer, un projet après l’autre, une cohésion architecturale et urbanistique. Cela a commencé avec la halle de Michel Euvé portée par les colonnes de Wade Saunders, puis la Maison des jeunes dans l’ancienne gare, la médiathèque, la place de Nordwalde… Discrète, « l’œuvre d’art est là comme si elle avait toujours été là », a relevé Vincent Barré, ce qui a sans doute favorisé l’adhésion du public à ces changements.